Bien que le calcul de l'économie mondiale des réfugiés
ne se réduit pas au seul problème de statistique
et que beaucoup doutent de son existence
en soi, le fait que les migrants à
l'étranger produisent 75% du
volume de l'exportation
égyptiene annuelle
peut servir
d'indicateur
du volume potentiel.
Le Pakistan, le Bangladesh
et bien d'autres pays ne pourraient
survivre sans l'injection financière de
leur immigrants. Ces chiffres se situent aux
environs de 38% pour les immigrants provenant
de l'ex-Yougoslavie. La Thaïlande a beaucoup profité
des réfugiés cambodgiens qui, bien qu'ils n'aient jamais
été reconnus par le gouvernement thaïlandais8, car tout
le matériel de secours déstiné aux 300'000 personnes
déplacées, qui devaient attendre dans des camps
pendant plus de 10 ans, a du être acheté en Thaïlande.
En 1992, le Haut Commissariat des Nations Unies pour
les réfugiés disposait d'un budget de près
de FF 6,4 milliards (2 milliards de DM) -
tendance qui n'a cessé d'augmenter.
La Refugee Republic peut se vanter
des avantages d'un pouvoir global:
officiellement sans propre pays
et sans système monétaire,
mais au moins avec un budget
de l'ONU; sans économie, mais
avec des contacts et connaissances
qui dépassent toutes les frontières.
C'est un endroit où les lois et
frontières interdisent
tout commerce,
où il existe aucune
structure politique,
toutefois muni
d'une forte
conscience
et la volonté de
paix et de libérté.
Cette république n'a
pas de langue commune,
cependant des intérêts et
destins communs. Les Etats-
Unis ont été fortement enrichis
d'idéaux nationaux et philosophiques
européens, car ces théories ont pu se
développer sur le sol américain, sans le
fardeau de l'histoire pour devenir des
modèles pour le monde entier. L'Europe
profite ainsi encore des perspectives
américaines comme un reflet
plausible qui permet une vue tournée
vers son présent et son avenir, dans presque
tous les domaines. Dans ce même sens l'Amérique
et le monde en soi ont besoin d'une nouvelle
REPUBLIQUE DES REFUGIES qui puisse
prendre ce rôle, car les états d'immigration saturés
sont de moins en moins capable de représenter un ensemble
global. A une époque où la superstructure du modernisme a perdu
ses visions au profit d'une disposition encore mal définie de
positionnement, la république des réfugiés sera alors le
reflet d'un monde qui, dans certaines parties, est
encore pré- ou postpolitique, un monde dans lequel
les tendances divergentes d'un globalisme
exigent une prise de conscience tribale
(ethnique/régional). Joseph Nye9
observe que le monde ne s'est
en rien unifié en un seul
village, mais est plutôt
composé de villages qui se
rapprochent de plus en plus et
ont perdu leur distance protectrice:
l'isolation géographique s'est
dispersée dans un brouillard
d'informations.
Les maisons familiales risquent de devenir une caserne gigantesque.
A condition qu'une nation soit constituée d'un territoire intégral et d'une
culture et langue (identité) communes, il n'existe actuellement plus guère
d'état qui ne soit multinational. Par ailleurs, il existe des nations qui
subsistent sans état: les Kurdes, la nation des Navajos, l'OLP et
beaucoup d'autres organisations10 sont des nations apatrides.
La REPUBLIQUE DES REFUGIES se fera le principe suivant:
elle se base sur les points communs des différences,
reliés par des réseaux d'informations (InterR/R-Net)
et une interprétation contemporaine et nouvelle
des droits de l'homme11 et devoirs de l'homme.
La situation d'un être humain placé dans
des conditions plus difficiles risque
d'être considérée par le reste du
monde come normale.
La "Multiplicity gone wild",
tant regrettée par Ralf Dahrendorf,
décrit un destin auquel la REPUBLIQUE DES REFUGIES
est déjà confronté, avec des conséquences extrêmes et
de manière exemplaire. La REPUBLIQUE DES REFUGIES devra
apprendre à s'en charger: Afin de survire en tant que premier
état intermédiaire d' une multiplitité de cultures, il devra formuler
de manière fondamentale, les attitudes et modifications d'idées
nationalistes, de collectivité et d'individualisme
nécessaires au monde entier.
Cet état unique,
supranational et
supraterritorial,
composé de réfugiés
mérite un statut démonstratif
de membre et, par conséquent, une
représentation adéquate à l'ONU et aux
autres organisations internationales. Ceci
afin que l'opinion publique ne contemple pas
solutions mais qu'elle puisse, autant que possible,
y participer elle-même. Par précaution, un siège permanent
au conseil de sécurité devrait déjà être solicité d'avance.
Ceci afin de résoudre et mettre un terme à de futurs
conflits d'ordre info-économiques, où les armées
conventionelles n'ont aucune
chance de réussite.
Il en résulte la Refugee Republic.